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Page:Philippe - Marie Donadieu, 1904.djvu/307

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bloc. Elle occupa ses genoux, elle était là, rien ne pouvait maintenant occuper cette place. De sa bouche, elle lui garnit la bouche, de ses deux bras elle entoura le reste, de tout son poids elle appuya, comme une mer de naufrage, comme la seule chose vivante et qui vous bouche l’étendue. L’homme en éprouva une sensation d’asphyxie. D’une main, elle déboutonna son corsage ; l’instant était assez difficile, elle devait sortir ses deux bras des manches. Elle le fit avec précision, se glissant, s’écoulant, et dans un double mouvement qui, d’une part, la portait hors de sa robe et, de l’autre côté se repliant, la contractait, l’enroulait d’un long tour autour de sa proie. Alors, il vit sa peau. Elle était blanche et souple et garnie d’une chair insoupçonnée, grasse, merveilleuse, parlante, comme si un miracle eût passé là. Il fallait bien qu’il la respirât, n’ayant rien autre à respirer. Parfois, elle se haussait au souffle de sa poitrine, un soupir en sortait et un frisson qu’on eût voulu saisir au passage.

— Vois, disait-elle, je n’ai pas de corset. Tu sais, mes deux seins, je ne sais pas pourquoi