Page:Philippe - Marie Donadieu, 1904.djvu/306

Cette page a été validée par deux contributeurs.


pour moi, je me suis mis en colère, je l’ai laissé venir, je lui ai dit : Contente-toi, fais-m’en donc encore davantage ! Je suis partie comme cela, j’étais folle. Toute la nuit j’ai entré mes ongles dans ma peau. Je me sentais dans mon rôle. Raphaël m’a posé une serviette mouillée sur les tempes. C’est bien fait pour lui, il m’a soignée jusqu’au lendemain. Il a pleuré. Mais si j’avais su que tu ne m’aimais pas, moi je n’aurais pas pleuré. C’est lui qui me l’a dit : S’il t’avait aimée, il ne t’aurait pas laissée partir.

— Il avait raison. Je t’aimais comme une chose que j’avais reçue, je ne t’aimais pas comme une chose que l’on a conquise. Je t’ai retenue à deux mains, mais je n’ai pas su me pencher en arrière pour que tu m’entraînes avec toi. Je ne t’aimais pas jusqu’à l’aventure et jusqu’à la mort. Peut-être étais-tu déjà vaincue en moi et que l’autre voix, celle qu’aujourd’hui j’entends, dominait la tienne et me créait une destinée plus profonde.

— Oh, tiens ! tiens ! fit-elle.

Il était assis, elle se précipita sur lui, d’un