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Page:Philippe - Marie Donadieu, 1904.djvu/303

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Alors elle dit :

— Jean, c’est méchant ce que tu dis là. Tu profites de ce que je suis venue, exprès pour me faire des méchancetés. Si j’avais su, je serais restée chez moi. Tu vois, Raphaël ne sait pas que je suis ici. Moi, je suis une petite sotte. Je suis toujours les mouvements de mon cœur.

Mais il ne lâchait pas facilement ses pensées. Je n’ai que cela ! avait-il l’habitude de dire.

— Écoute, Marie, depuis que je ne t’ai vue, il s’est passé beaucoup d’événements. Il s’est passé la nuit de ton départ. Il y a eu une nuit où il s’est passé bien plus que ton départ. Je ne te dirai pas comment j’ai bu tout d’abord. J’ai vu Margot. Souviens-toi de Margot. Elle était petite et douce et riait d’être ainsi faite. Elle m’a dit : « Ne t’inquiète pas pour une femme ! » Peut-être est-ce avec ce mot et par orgueil que, plus tard, j’ai compris. J’ai pensé : Celle-ci sait se mettre à sa place. Puis j’ai dormi. J’ai dormi seul, net, ferme, ayant mes armes auprès de moi. Je te craignais encore. Cette nuit n’a pas duré longtemps. Je me sou-