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Page:Philippe - Marie Donadieu, 1904.djvu/302

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que tout devait arriver. Il a été dit : Dieu viendra avec la vérité, il jugera les vivants et les morts. Marie, Dieu n’aura rien à faire : ils se jugeront eux-mêmes. Il y a tant d’harmonie que chacun, de lui-même, et selon sa pente, ira en son endroit. Tu m’as quitté, tu es allée en ton endroit. Certes, tu m’as trompé lorsque tu m’as menti, mais je sais aujourd’hui que tu m’avais trompé bien davantage. Je croyais t’avoir trouvée. Je me disais : « Elle est là, en moi, comme un bouquet que l’on a mis dans un vase, j’en porte toutes les fleurs. » Je connais aujourd’hui bien plus que tes mots et bien plus que les événements de ta vie : je connais ton sens. Tu m’as quitté, tu es allée ailleurs, simplement, comme une pierre tombe. Vois, tu es ici, et je te dis que tu n’es pas chez toi. Je t’ai prise, je t’ai eue comme autrefois. L’instant était celui de l’élection, celui du partage. Je ne sais même pas si tu comprends encore ces mots. Ensuite, je t’ai tourné le dos, j’aurais pleuré. Je trouvais à cet instant quelque chose de défini, de strict, de manqué. Et maintenant, sens-tu tout ce qui hésite dans ma chair et dans mon âme ?