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Page:Philippe - Marie Donadieu, 1904.djvu/298

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— C’est pour toi, répondit-elle. Il faut que je sois belle.

Il rentrait en lui-même, se défendait déjà et ne lui présentait qu’un quart de son corps.

— Marie, il aurait mieux valu que je ne te trouve pas belle. Je ne sais pas si tu étais belle, autrefois. Autrefois, je ne te voyais pas comme si tu étais Marie, je te voyais comme si tu avais été Jean. Je t’ai regardée bien des fois, il me semblait voir je ne sais quoi : ma main, mon corps, mon image. Aujourd’hui, je te vois, je t’apprécie, je te trouve belle. La séparation s’est effectuée, Marie.

Elle eut un mot très habile :

— Tu ne m’aimais pas, Jean. Dis-moi que tu ne m’aimais pas.

Alors, il se dressa, fit face et trouva bien autre chose à lui répondre.

— Viens là, Marie.

Elle ne mit pas longtemps à s’approcher.

— Donne-moi tes deux mains.

Il les lui prit, d’ailleurs.

— Regarde-moi dans les yeux. Sais-tu si je ne t’aime pas encore !