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Page:Philippe - Marie Donadieu, 1904.djvu/293

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II



Elle monta l’escalier. Elle en était à la fin d’octobre et il lui semblait que le temps avait marché pour qu’elle montât l’escalier. Ses pas étaient des pas, sans réflexion, qui la haussaient d’une marche à tout coup, cependant qu’un sentiment simple comme la foi la portait au-dessus de tout ce que l’instant avait d’indécis et d’osé. Elle frappa, Jean ouvrit. On a souvent l’impression que l’on était nécessaire et que les hommes allaient de long en large en vous attendant.

Elle ne dit même pas : Me voilà, s’assit sur une chaise, posa sur ses genoux deux mains qu’elle ne savait comment employer et qui, mi-ouvertes, doucement tremblèrent. Être là suffisait, ainsi que des paroles.

Il la voyait, il resta debout sans un geste, la