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Page:Philippe - Marie Donadieu, 1904.djvu/282

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semblement, parce que je pense : « Il y a un petit nombre d’hommes sur la terre, voici une foule assemblée, j’ai quelques chances de le trouver au milieu d’elle. » Le tramway s’est arrêté plusieurs fois en venant. Il est monté des personnes. Ce n’étaient que des dames. Je te dis que je le cherche. Il n’est pas un moment où il ne me semble que l’univers entier doive me le donner.

— Mais c’est admirable. Il représente pour toi tout ce qui te manque. Comprends-tu bien ? Attends, ce n’est pas tout. Je t’ai promis des liqueurs après le café. Voilà du kummel. Allons, bois. Tu n’es pas venue ici pour faire ta sucrée. Ton vieux chien de grand-père n’a pas le pareil.

— Maman, je ne sais pas pourquoi tu l’appelles toujours un chien. Il m’a dit que si j’avais besoin d’argent, je n’avais qu’à lui écrire.

— Ah ! par exemple, il t’a dit ça. Il n’a pas à te dire ça. Voilà ce que c’est, je te parle avec confiance, et tu en viens aux injures. Moi, je suis ta mère, m’entends-tu ! J’ai plus de droits sur toi que lui. D’abord, tu n’es pas majeure et c’est moi qui t’enverrai de l’argent. J’en ai,