Ouvrir le menu principal

Page:Philippe - Marie Donadieu, 1904.djvu/279

Cette page a été validée par deux contributeurs.


Paris pendant un mois. Nous nous sommes vus tous les jours. Raphaël l’avait permis, c’est même lui qui m’y avait poussée. Il me disait : « Vous avez les yeux comme ceci, vous avez le cœur comme cela. » C’était bien vrai. Et, à la fin, ça aurait été vrai, rien que parce qu’il l’avait dit. Le reste a eu lieu par la suite et m’a fait tellement de bien que je n’ai pas pu m’en passer. On savait toujours ce qu’il pensait et comme il pensait beaucoup plus que moi, jamais je ne désirais autre chose. Nous avons vécu dix jours ensemble comme mari et femme. Le dixième jour, Raphaël est venu me chercher. Je ne sais pas ce qui m’a prise. Je suis partie avec lui parce que c’était le plus ancien. Pauvre petit, ça lui a fait bien de la peine.

— Marie, tu viens de dire quelque chose de très intelligent. Tu as dit : « Et comme il pensait beaucoup plus que moi, jamais je ne désirais autre chose. » Peut-être d’ailleurs n’est-ce pas bien exprimé, mais c’est là le secret du mariage et tu vas voir que tout en découle. Comment la vie t’apparaissait-elle auprès de lui ?