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Page:Philippe - Marie Donadieu, 1904.djvu/275

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grosses fesses. Elles s’assirent. Sur la cheminée, un portrait d’homme.

— Tu vois, dit la mère. C’est lui. Il n’a pas trop mauvaise figure.

Puis la servante aux bras luisants : on eût dit que, trop active, sa cuisine étant frottée, n’ayant plus rien à faire, elle avait frotté ses deux bras.

— C’est comme ça que je les aime : solides et pas belles.

Marie fut heureuse de tout cela : une mère en peignoir blanc qui, parmi des choses élégantes, se tenait avec naturel et les touchait aussi simplement que l’on touche un point de son corps. Elle parlait des bonnes avec sang-froid et en connaissait l’usage comme on connaît l’usage d’un objet. Et Marie se trouva bien fière d’être sa fille. Et si quelqu’un l’eût vue à cette table, celui-là eût compris qu’elle n’était pas une simple Marie Donadieu comme on eût pu se l’imaginer.

Elles mangèrent des choses au vinaigre, des œufs à la coque servis dans une serviette pliée. Marie ne connaissait pas cela.

Elle dit :