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Page:Philippe - Marie Donadieu, 1904.djvu/269

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flancs. Ta main est chaude, mon enfant. Ta main est chaude…

Puis ce fut la mère qui cacha sa tête, la fille repliait ses deux bras.

— Oh ! Je sens tes seins ! Tu as grandi, Marie. Laisse-moi dire : J’aimerais que loin de moi tu n’aies pas été heureuse. C’est fou. Va, il n’y a pas que toi qui aies changé. Dans les premiers temps, j’inventais des mensonges. Tu ne m’avais pas assez laissé de souvenirs. Je disais : « J’avais une petite fille. Elle est morte, Madame. » Ça ne te fait rien que j’aie dit que tu étais morte ? Et puis quand tu te cognais, tu disais : Maman, me suis fait mal là. Mais, dis, ça n’était pas vrai, tu ne te faisais pas mal, tu voulais seulement que je t’embrasse. Je veux que tu ne te sois jamais fait mal quand j’étais auprès de toi. Tu n’étais pas une enfant comme les autres. Tu disais : Maman, j’ai soixante-dix dents.

Ensuite, elle se dégagea, repoussa Marie des deux bras, la secoua, la tira, la campa et la prit droit à la face avec deux yeux et un roulement de la nuque comme lorsqu’on boit.

— Recule-toi. Je te vois maintenant. Es-tu