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Page:Philippe - Marie Donadieu, 1904.djvu/262

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je t’accompagne encore jusqu’ici, mais je ne m’en vanterai à personne. Et à présent, dis-moi ce que tu veux, ce que tu es venue faire.

Elle se trouvait vraiment malheureuse et sans défense depuis huit jours qu’on lui reprochait sa vie même, comme si elle avait fait autre chose que de la porter. Elle se sentait pourtant logique et vertueuse, puisqu’elle n’avait mal en aucun endroit.

Dans ce sentier, assise comme elle était, à droite de son grand-père, elle ne pouvait pas cacher sa face entre ses mains et la garder pour elle. Elle eût voulu la mettre à l’abri, simplement comme un objet auquel on tient. Alors elle portait sa tête sur ses épaules et ce n’était pas assez pour avoir raison.

Il dit :

— Tu vois bien que tu n’as plus de cœur, tu ne pleures même pas.

Elle recevait cela, donnait un petit coup de la nuque et ne pouvait pas chasser les paroles.

— Mais parle donc ! Tu es toujours aussi entêtée. Dans le temps, je croyais que c’était par timidité. Et puis, après tout, parle si tu