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Page:Philippe - Marie Donadieu, 1904.djvu/259

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— Ta mère n’est pas morte, comme nous te l’avions toujours dit. Ta mère t’a quittée quand tu étais toute petite et t’a laissée à notre charge. Tu ne l’as jamais connue parce que nous avons toujours cru qu’elle ne méritait pas de te connaître. Aujourd’hui, vous êtes au même point toutes les deux. C’est pourquoi j’ai voulu savoir son adresse. Je me suis adressé à une agence. Elle se fait appeler Madame Desvignes. Tu vois que tu avais de qui tenir. Quant à nous, nous avons pris la responsabilité de t’élever et voilà où ça nous a conduits.

Il se tut, puis il ajouta :

— Tu ne me réponds pas. Maintenant, je te dirai comment j’ai su ce que tu étais allée faire à Paris. Moi, j’y suis allé, à Paris. On apprend quelque chose à tout âge. Ta grand’mère disait : « Oui, oui, ! C’est comme ça qu’il faut faire. Ne la préviens pas. » Moi, ce n’était pas ça qui me poussait. J’étais content de te faire une surprise. J’avais apporté une belle dinde dans mon panier. C’est ta grand’mère qui l’avait vidée. Je t’assure qu’on n’en aurait pas trouvé une pareille dans toute la cam-