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Page:Philippe - Marie Donadieu, 1904.djvu/258

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pagne, aboutissait, plein d’une herbe charmante, à quelque ruisseau d’en bas qui le traversait librement. L’ombre y était vivante et vous prenait aux tempes comme le souffle même du vallon.

Basile dit :

— Voilà.

Puis il toucha l’herbe avec sa main.

— Il faut y prendre garde. Bien, tu peux t’asseoir. Je craignais que l’herbe ne soit humide.

Ils mirent le plus de temps possible, employèrent un peu de leur attention à bien placer leurs jambes, mais pour Marie, elle se donna une sorte de demi-position qui laissait à son esprit de quoi s’occuper au besoin. Ensuite, Basile essuya la coiffe de son chapeau, remit son mouchoir et se tut fortement avant toute parole. Puis, sans la regarder, il dit :

— Ta mère habite à Lyon, 22, rue Victor-Hugo.

Elle s’aperçut alors qu’elle était mal assise, mais, plutôt que de remuer un doigt, elle eût laissé l’un après l’autre chaque caillou lui entrer dans la peau par la pointe.