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Page:Philippe - Marie Donadieu, 1904.djvu/248

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— Elle me l’avait pourtant bien dit, et elle m’avait dit aussi que tu la giflais.

— Veux-tu que je te dise mon grand défaut ? C’est que je ne parle pas. Il n’y a pas de ma faute, je n’aime pas parler. Comment veux-tu me connaître, alors ? Je ne dis rien. Moi, je t’aimais comme un frère. Et elle, mon pauvre vieux, et elle !

— Ah ! et moi, ce que je l’ai aimée, cette femme ! Tu te figures que je l’ai aimée pendant dix jours. Mais non. Il y a vingt-six ans que je l’aimais : c’était elle ! Ah ! mon pauvre vieux, je ne serai pas heureux d’être tout seul.

— Chut ! la voilà ! Tu reviens, Marie ?

Elle fit :

— Faut peut-être pas que je me peigne !

Et elle s’installa devant la glace, en jupon court, n’ayant pas encore passé la jupe de sa robe. Elle se peignait avec ordre et revenait sur des mèches qu’elle avait déjà peignées.

Jean se pencha vers Raphaël.

— Regarde donc comme ça se cambre, comme ça se tient sur ses jambes, une femme.

— Tu crois peut-être qu’elle souffre ! Elle