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Page:Philippe - Marie Donadieu, 1904.djvu/247

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voulais faire un homme avec mon esprit tout d’abord. Mais je deviendrai un homme, Raphaël. Ne crains rien pour moi, je serai fort. Je compte beaucoup sur la force de mon sang. Je formerai ma masse, puis j’y ferai ma trouée. Je veux t’imiter. Tu es mon maître, je te remercie, mon ami.

— Mais oui, mais oui, dit Raphaël. Allons, Marie, habille-toi. Ne prolongeons pas trop cet instant. Tout est fini, n’est-ce pas ?

Elle obéit bien, fit méthodiquement tous les pas qu’il fallait, visita d’abord sa robe qu’elle avait étendue sur le lit et en corrigea un pli, se servit d’un de ses bras pour la déposer sur l’autre et s’installa dans l’entrée dont elle tira sur elle la porte, qui la cachait. Comme elle n’était plus là, Raphaël et Jean parlèrent tout bas.

— Alors, ce n’est pas vrai que tu lui avais donné un coup de pied dans le ventre ?

— Mais non. Voyons, mon vieux, est-ce que je suis une brute ? Tiens, c’est comme mon père. On n’a pas toujours les apparences. Moi, je le connais bien : mon père a un cœur d’or.