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Page:Philippe - Marie Donadieu, 1904.djvu/246

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peut-il qu’il y ait un homme assez barbare pour m’empêcher d’être heureux ? » Et pendant ce temps-là, c’est moi qui t’empêchais d’être heureux. Tu vois combien tu es bon, Raphaël. Veux-tu que je te dise quelque chose ? Je vais te le dire. Ce qui m’a le plus étonné, ce sont les discours que tu m’as tenus. Tu m’as parlé avec beaucoup d’intelligence et je ne l’aurais pas prévu. Je pensais : « C’est un homme épais, il se passe quelque chose au fond de son corps, mais la matière est lourde en lui et ne permet pas les larges sorties vers le cerveau. » Et je vois, au contraire, qu’il y a chez toi le droit chemin, la communication directe de ta tête à tes organes et une pénétration particulière, par ce tu ne peux pas l’écarter sur ta route. Tu m’as dit des choses simples et vraies. Moi, je suis trop ramifié, trop ouvert peut-être, et je m’égare. Toute ma vie, je m’étais trompé. C’est d’aujourd’hui que je vais connaître les hommes et moi-même. Il n’y a pas d’intelligence humaine, il y a des hommes, tu en es un. Tu sais, on rit, on dit : « Pour faire un canon, on prend un trou, on met du bronze autour. » On rit, et c’est ainsi que je