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Page:Philippe - Marie Donadieu, 1904.djvu/245

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que je sache comment elle t’a raconté cela. Toi, tu parles. Tu penses : Ce que je dis est vrai, il me suffit d’avoir raison. Tu attendrais, tu saurais qu’un jour on te donnera raison. Mais elles, elles sont des enfants. Il ne faut pas leur en vouloir. Elles veulent avoir raison tout de suite ; alors elles te mentiront pour avoir raison. Je ne sais pas pourquoi elle t’a raconté cette histoire. Vous parliez peut-être de moi. Ne dis rien, je ne t’en veux pas, je connais les hommes aussi. Tu disais quelque chose ; alors, comme les enfants encore, elle a voulu en dire davantage, elle a voulu avoir plus raison que toi.

— Oh ! mon vieux, dit Jean, toi tu es bon. Je t’assure que tu es bon. Tu ne lui as même pas donné de coups de pied dans le ventre. Et aujourd’hui, tu vois tout ce que tu aurais pu me faire. Eh bien, pas du tout ! Tu me regardes, tu me comprends, tu dis : « C’est ainsi qu’agit l’homme dans la sincérité de son cœur. » Moi, je t’ai fait de la peine. Si tu avais été là, j’aurais touché du doigt. Tu sais bien que les hommes ne vont pas plus loin que le bout de leur doigt. Je pensais : « Comment se