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Page:Philippe - Marie Donadieu, 1904.djvu/240

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Il attendait cela, il attendait qu’un coup lui marquât l’heure et divisât le temps et qu’il lui fût au moins donné de le bien recevoir.

— Tu m’as aimé, Marie ! Parle. Tu trembles… Tu vois, tu trembles encore. Tu m’as aimé ? Je ne veux pas te faire de mal.

Et elle reprenait :

— Non, c’est impossible… Non, c’est impossible.

Puis elle se cachait jusqu’au fond.

Alors, il donna tout et arrêta les paroles. De la main gauche, il lui arracha les deux mains, de la main droite et avec un mouvement qu’il ne se connaissait pas, il la repoussa jusqu’au mur auquel la chaise était adossée. Ensuite, il posa un genou sur sa poitrine pour la maintenir et, tirant en arrière, lui rompit les bras à la façon d’un bûcheron qui, ses coups de hâche étant donnés, s’arcboute et pèse à pleins poumons pour faire éclater le dernier nœud qui retient sa branche. Il se pencha, lui mit la bouche sur la bouche et pompa, cependant qu’un bruit sourd comme celui d’un chat témoignait d’une longue gourmandise et qui suivait la ligne de son dos. Mais elle resserra