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Page:Philippe - Marie Donadieu, 1904.djvu/236

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de temps, je serai là pour tout ce qui peut lui arriver. Aujourd’hui, il lui arrive quelque chose. Et puis je serai si triste quand vous serez partis. Laisse-nous tout seuls pendant un quart d’heure, rien qu’elle et moi. Je veux la faire parler, je veux lui faire dire. Tu n’as rien qui t’empêche de me l’accorder, n’est-ce pas ?

Raphaël haussa les épaules.

— Mon pauvre vieux, tu te figures… Tiens, tu vois que je ne suis pas mauvais.

Il se leva et sortit.


Lorsque Jean s’avança vers Marie, il était bien naïf encore et, portant son amour à plein cœur, il s’imaginait d’un coup faire le miracle, comme on guérissait autrefois par l’apposition des mains. Il dit :

— Tu es folle, Marie.

Puis il la prit par les deux épaules, la tourna dans son sens, lui mit en face son visage dans lequel les deux yeux s’ouvraient jusqu’au fond pour montrer la réserve intime et, avec un mouvement abandonné de sa tête,