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Page:Philippe - Marie Donadieu, 1904.djvu/235

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un composé trop nourri pour qu’une étincelle, même celle du plus ardent amour, pût en ramener à leur forme simple les trop nombreux éléments.

Il regarda Marie. Assise aussi, les paupières rabattues, on ne voyait rien de ses yeux, le geste de son corps était au néant, comme si elle eût voulu couler entre ses deux bras, s’échapper de l’aventure et disparaître à jamais, dans une honte telle qu’elle semblait élargir sa face. Il la vit et, l’entourant une seconde avec sa pensée, fut pris encore au courant des jours passés et ramené selon leur guise dans un bonheur acharné, dans un bonheur à tourbillons dont il ne pouvait plus se défendre. Il était pâle, son cœur battait d’une seule émotion et la lançait par son sang, son sang râpait la chair de son cou. Il se leva.

— Raphaël, puisqu’il faut que ce soit toi qui me l’accordes, accorde-le moi sans façon. Tu sais bien que je ne peux pas me rendre tout de suite. Fais-le pour elle et pour moi. Elle s’est peut-être trompée. Mon ami, tu es là, il me semble que tu es encore mon ami, mais elle et moi, je pensais : Il n’y aura plus