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Page:Philippe - Marie Donadieu, 1904.djvu/234

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qui songe à se défendre avant même qu’on ne songe à l’attaquer. Ceux-là découvraient la vérité dès le premier coup. Je disais une fois : « Il y a sur moi trop de faiblesse et trop de communion. Quel est donc le drame, quelle est donc l’aventure, quel est donc le malheur qui me lancera directement dans la vie et qui me fera porter la tête comme on la doit porter ? » Il me semble que j’arrive au jour que j’appelais. Tiens, nous nous faisons du mal, nous nous faisons du mal doucement, aujourd’hui. Mais je comprends que deux hommes puissent se faire du mal. Et voilà ma découverte.

Puis il y eut un silence très long, avec le geste de Raphaël, pacifique et tassé, avec Jean assis, qui ne savait pas encore, qui naissait et qui, mis au-devant d’une action simple, alors qu’il eût dû combattre pour garder sa part, restait assis sur une chaise et sentait le mouvement hésiter en ses vertèbres. D’un point à l’autre, de sa tête à son cœur, trop complexe était l’échange, et lorsqu’une idée, quelque temps, avait battu, elle revenait en arrière sur sa route, en rencontrait une autre, se mêlait et formait un singulier alliage,