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Page:Philippe - Marie Donadieu, 1904.djvu/226

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Elle dit :

— Oh ! oui, j’étais folle.

Et tout s’accentuait, coulait de Raphaël en Marie, se communiquait par un long, par un seul baiser, avec une fusion singulière de leurs moelles qui semblaient se rejoindre.

Ils furent l’un à l’autre, il le fallait pour reconnaître leur mesure, puis ils se relevèrent sans confusion, s’appuyant à l’épaule, comme les images qui représentent deux nations ayant conquis la paix et qui viennent d’en signer le traité.

Alors, Marie dit :

— Tu as frappé. J’étais bien sûre que c’était toi.

Raphaël dit ensuite :

— Tu vas t’habiller, tu feras ta malle. Je t’emmène à Lyon ce soir. Tu seras mieux pour attendre la fin des vacances.

Pendant un instant ils s’assirent, approchèrent leurs chaises, unirent leurs mains et comprirent la singulière mise en place d’un vieil amour qui les associait sans surprise et qui, lorsque Marie prenait la main de Raphaël, faisait qu’il lui semblait ne rien découvrir et