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Page:Philippe - Marie Donadieu, 1904.djvu/225

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la peur attirait et qui la suivait avec obéissance. Elle ouvrit, elle ouvrit en grand et laissa entrer Raphaël avec un mouvement si docile que ce fut lui qui dut fermer la porte. Il dit :

— Tu es folle, Marie.

Il lui posa les deux mains sur les épaules, la regarda fixement et la vit renaître avec la même courbure, comme une branche que pendant longtemps la même sève chargea d’un poids de fruits. Il dit :

— Tu crois donc qu’on a pu vivre pendant quatre ans avec un homme sans que ça se retrouve !

Puis il la prit à pleins bras, lui atteignit les lèvres et sentit en elle quatre ans de jeunesse, une habitude, ce qui dura assez longtemps pour pouvoir durer toujours. Ils y mettaient un élan et descendaient en eux-mêmes avec un gonflement, avec une manière d’aller jusqu’au fond chercher ce qu’ils avaient oublié. Marie comprit le mystère de l’orientation et trouva dans ses jointures elle ne savait quoi qui était à l’aise et qui se pliait en silence comme le bonheur lorsqu’il nous cède.