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Page:Philippe - Marie Donadieu, 1904.djvu/22

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Jeanne l’entendit d’abord. Tante Jeanne, qui avait treize ans, savait que sa sœur était partie avec un Monsieur et qu’il n’eût pas fallu. Elle appela :

— Maman, viens donc entendre ce qu’elle dit :

L’enfant riait et chantait :

— Ma maman reviendra…a, ma maman reviendra…a.

La pauvre bonne femme se pencha pour dire :

— Ta maman est morte, ma petite fille.

L’enfant sourit :

— Où que c’est morte, dis, mémère ?

— C’est dans le cimetière, mon petit.

Elle en eut une sorte de gloire auprès de toutes les personnes. Parfois il venait des visiteurs. On causait. Elle se rendait compte que les messieurs et les dames ont de l’importance et, ne pouvant prendre part à la conversation, du moins voulait-elle leur montrer qu’elle était plus qu’elle n’en avait l’air. Elle les tirait par le vêtement et disait tout-à-coup :

— Ma maman est morte. Elle est dans le cimetière.