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Page:Philippe - Marie Donadieu, 1904.djvu/219

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rien à te dire. Je serai tout ce que tu verras. C’est comme ça qu’elles sont, les petites femmes. Elles ont un petit mari, on le leur donne, on dit : Vois comme il est beau ! Alors, il est si beau et ça leur fait tant d’effet qu’elles deviennent leur petit mari.


Huit jours passèrent. On peut dire qu’ils n’avaient pas eu le temps de respirer. Et tout était facile, la vie leur tournait sans arrêt des jours bien façonnés. Ils y mettaient le pied, la main, juste assez pour s’apercevoir que rien ne vient tout seul.

— Et maintenant, disaient-ils, il n’y a plus qu’à marcher : autour de nous le monde est à sa place, puisque nous en sommes le centre. Je n’oublierai jamais Raphaël, parce qu’il m’a servi à te connaître.

Et Marie ajoutait :

— Je ne le crains pas. S’il vient, je lui dirai : « Faudrait que tu me coupes en deux ». Non, je lui dirai : « Faudrait que vous me coupiez en deux. Il y a la moitié gauche qui s’appelle Jean et la moitié droite qui s’appelle Marie. Et