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Page:Philippe - Marie Donadieu, 1904.djvu/216

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quand tu seras parti, je danserai : Tra la la ! pour que tu regrettes même d’être parti.

— Marie, j’ai peur. Comment te ferai-je comprendre cela ? Faut-il te le dire : Je n’ai jamais souffert ! Il n’y a pas de souffrance humaine. Il y a un autre équilibre que le calme et l’amour. Pour la juste balance, et sur l’autre versant, je connais un bonheur effrayant qui goûte à la Douleur entière et sait en apprécier le poids. Retiens ce mot : Bonheur effrayant ! Veux-tu que je te dise un secret : Jésus ne souffrit pas lorsqu’il porta sa croix. Oui, j’ai compris des choses. J’ai compris le miracle des roses. Mais j’ai changé ma voie, pardonne-moi tout ce que je peux dire : Il y a des instants où je ne me reconnais plus sur la voie nouvelle. Je vois que des choses sont belles, je vois surtout qu’elles sont bonnes, mais je suis maladroit avec elles. Je ne sais pas encore me servir du bonheur.

— Ah ! moi, je voudrais… disait-elle. Je ne sais pas ce que je voudrais. Je veux que je t’aime. Nous nous promènerons partout où tu as passé. Tu me diras : « Là, ma petite femme, il y avait ceci ». Je te répondrai : « Et maintenant, il n’y