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Page:Philippe - Marie Donadieu, 1904.djvu/212

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sais que je suis, et que je n’ai pas à devenir. Tu connais ce qu’on appelle les profondeurs ? Eh bien ! je ne crains plus les profondeurs. C’est là maintenant que règne la paix et que d’un point à l’autre, quelque chose comme une densité, quelque chose comme le calme et la compréhension totale m’équilibre davantage. Lorsque je descends en moi-même, il me semble que je suis entouré par une chaleur inconnue et mon âme est grave comme lorsque, à la fête de famille, le père est au milieu des siens. C’est cela que tu m’as donné et, si tu posais ta main sur mon cœur, je me tairais et je sentirais ta main comme la solution d’un problème.

Ils se couchaient, le soir. C’est alors que la femme devient puissante, que le cœur parle auprès d’elle et qu’un grand retour s’accomplit, comme lorsque, au penchant du coteau le voyageur soudain découvre le groupe ancien des maisons de son pays natal. Elle était là tout entière, simple, nue, silencieuse, pleine d’une vérité vivante qui respirait avec sa poitrine et sur laquelle Jean posait son oreille pour l’entendre, puis posait la bouche pour