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Page:Philippe - Marie Donadieu, 1904.djvu/211

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suivaient je ne sais quelles bontés pour lesquelles aussitôt je me sentis mûrir. Je compris comment la vie est faite et que Dieu, les jardins, la terre, la sève et l’amour, tout cela, par sa seule force montait et formait une rose comme si, sur quelque place, mille hommes s’assemblaient pour s’embrasser. Marie, tous les chemins sont libres, je ne sais quoi m’emplit, je me suis penché sur la rose, j’ai vu la créature de Dieu dans son geste, je pars au milieu d’une harmonie si forte que je ne crains pas que mon cœur se brise.

Et Marie répondait :

— Oh, tu peux dire ! Je ne sais plus ce que c’est que Marie, ou plutôt je sais que Marie devient aussi grande que tout ce que tu peux dire. Oh ! va, j’ai vu des têtards avec mon grand-père. Il me racontait : « Et ensuite, il leur pousse des petites pattes, ça les change, ils ne continuent pas à être têtards, et ils deviennent autre chose. » Et moi aussi, je deviens autre chose.

— Moi, c’est le contraire. Je me demandais : « Quelles pattes vont me pousser pour que je devienne moi-même ? » Mais aujourd’hui, je