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Page:Philippe - Marie Donadieu, 1904.djvu/210

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posais ma tête sur ma main, je poussais tous mes rêves d’un certain côté et, sans qu’il y eût de ma faute, je rencontrais soudain le même bonheur qui me monte à la bouche en un jour comme ce soir. Je risquais de ne jamais entrer à l’École Centrale. Tu vois qu’il y a dix ans que je te fais des sacrifices.

Alors ils s’approchaient, s’enlaçaient pour sentir la réalisation de leurs paroles dans la matière vivante et joignaient leur bouche comme pour porter les mots à domicile.

— Il y a mieux encore, disait Jean, quelque chose en moi s’est agrandi. C’est hier qu’a eu lieu le miracle des roses. J’étais descendu et, quand je suis remonté, sur la table, un vase et des roses… Le vase, je ne me le connaissais plus, il y a tant d’objets chez moi qui n’avaient qu’à mourir. Tu l’as découvert et tu as commencé par le miracle du vase. Mais, les roses !… J’avais vu bien des roses. Je savais qu’elles contiennent un secret dans un pli de leur cœur. Mais d’un autre secret qui m’occupe, je cherchais ailleurs la révélation. Je m’assis. La plus belle était une rose thé qui s’ouvrit sous mes yeux et dans le sein de laquelle se pour-