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Page:Philippe - Marie Donadieu, 1904.djvu/207

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L’après-midi était si bonne qu’ils restaient chez eux pour la bien goûter.

Et il disait encore :

— Te souviens-tu ? Quand tu étais une petite fille, j’étais un petit garçon. Une fois, je t’ai fait une infidélité. J’aurais dû te la raconter le jour même. Et puis, je n’ai pas osé. Tiens ! J’ai mis un, deux, trois… douze ans à m’y décider. C’était un jour où tu n’étais pas là. Je ne sais pas où tu étais allée, tu étais peut-être allée te promener avec ton grand-père. Maman m’avait dit : « Va donc me chercher un pot de crême au domaine de La Faix. Tu emmèneras ta petite sœur. » Moi, j’avais quatorze ans, ma petite sœur en avait dix et il y avait la Louise Combémorel qui avait treize ans. Elle demanda : « Madame, est-ce que je peux y aller ? » Maman répondit : « Mais oui, au contraire, vous ramasserez des noisettes. Mais prenez bien garde aux animaux. » Alors, toute la soirée, nous avons marché dans les champs. Entre deux champs, nous sautions les échaliers. La Louise Combémorel faisait exprès qu’on lui voie les jambes. Moi, j’aimais bien ça. Un peu plus loin,