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Page:Philippe - Marie Donadieu, 1904.djvu/199

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IV



Ils vécurent ensemble, dans une chambre dont la fenêtre s’ouvrait sur la Seine et laissait entrer un air d’au-dessus des eaux. Le jour y était à l’ombre ; qu’un souffle vînt, le jour en était ventilé.

— Je te dois tout, disait Jean. Un jour je t’ai conté l’histoire d’une voisine que j’avais à vingt ans. Elle s’appelait Gabrielle. Et je te disais, — je ne te tutoyais pas encore : « Si la vie, jamais, m’offre pareil fruit, sachez que je le prendrai. » Et tu devais bien savoir que je ne le prendrais pas, puisque tu étais à mon côté, dans ta chambre, et que tu m’aimais déjà. Tu me l’as dit que tu m’aimais déjà. Tu vois, Marie, on se répète : « Je deviendrai un homme d’action. » Il est certain, d’ailleurs, qu’on le deviendrait si l’on savait reconnaître