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Page:Philippe - Marie Donadieu, 1904.djvu/198

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Et puis je t’ai revue. Et puis je t’ai revue toute seule, et puis tu m’as tout dit. Tu ne peux pas… Tiens, regarde : j’y pense et tu ne peux pas. Il ne faut pas que tu t’en ailles. Je te reverrais sur le lit, à côté de lui. Je ne pourrais plus te revoir. Et puis, moi, je ne te battrai pas.

Elle ne disait rien, elle coulait doucement, elle relâchait ses bras, elle s’échappait sous la pression de Jean ; elle se dégagea, elle perdit la chaise, elle tomba. Et quand elle tomba sur le sol, ils tombèrent ensemble, elle fut heureuse d’avoir tombé. Elle serrait les deux poings, elle laissait bien aller sa tête et elle disait :

— Je t’aime, je t’aime, je t’aime… Ne me touche pas.

Ils se tinrent longtemps couchés l’un auprès de l’autre, ils eussent voulu se faire bien mal et mourir, pour être plus sûrs encore : Jean, qu’elle ne partirait pas, — Marie, qu’il ne la laisserait pas partir.

Et c’est ainsi qu’ils ne purent pas ne pas s’aimer.