Ouvrir le menu principal

Page:Philippe - Marie Donadieu, 1904.djvu/197

Cette page a été validée par deux contributeurs.


Elle répondait :

— Je vous ai tout dit et j’ai pourtant du mal à m’en aller.

Ensuite, elle restait assise, avec deux jambes qu’elle ne pouvait pas toujours contenir et auxquelles Jean s’adressait en disant :

— Vous avez bien le temps.

Elle remua un peu plus, alors il crut tout perdu. Elle fit :

— Mais non, gros bête, je ne pars pas encore.

Il craignait, pourtant, et avec ses deux bras, comme il craignait, il l’entoura, la prit au passage, s’assit sur elle, pesa de tout le poids de son cœur et resta, avec de gros sentiments qui sortaient de ses yeux et sur lesquels Marie, sans une phrase, arrêtait ses pensées. Leurs mains aussi se mêlaient. Autour d’eux, un long mouvement s’enroulait, qui les nouait sans relâche, qui serrait à chaque tour, auquel ils cédaient ensemble et ne laissant pas entre leurs deux corps une place où la vie pût glisser un malheur.

— La première fois, je veux que tu t’en souviennes, tu étais sur le lit, à côté de lui.