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Page:Philippe - Marie Donadieu, 1904.djvu/194

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et puis ça se brouille encore davantage comme si on y faisait l’omelette.

Marie répondait :

— Moi aussi. Moi, c’est plus gros que l’omelette, et puis ça a du mal à passer.

Ils approchaient leurs chaises, se penchaient et se mêlaient davantage. Que les soirs allaient bien ! Leur tête et leurs épaules reposaient, chargées d’un sentiment dont ils sentaient le poids. Marie disait :

— Ça va bien. Oh ! ça va bien. Ça va tout seul. On a graissé mon cœur.

Elle ajoutait ensuite :

— Je suis une petite sotte, je ne devrais pas vous le dire.

Un soir que Jean était parti, ce fut son voisin qui frappa. Il rentrait. Elle ouvrit la porte, elle l’ouvrait à quelque chose, à Jean, à l’espérance et ne pouvait pas se lasser de son cœur, mais elle vit l’autre bien vite. Alors elle ferma, dans une colère dure qui fit claquer son sang. Il cria :

— Ah ! oui, je sais. Maintenant, il y a de la concurrence.

Elle eut tout à fait honte.