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Page:Philippe - Marie Donadieu, 1904.djvu/191

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longtemps, je ne pouvais plus me regarder dans une glace. Le matin, quand on peigne ses cheveux… je m’arrêtais, je ne pouvais pas faire autrement, je me regardais, je me disais : Figure à gifle ! Une autre fois, il m’a donné un coup de pied, et dans le ventre. C’était une mauvaise femme qui demeurait dans la maison. Elle lui avait dit que je faisais la vie avec d’autres hommes. Ce n’est pas vrai. Il est rentré, moi je ne m’y attendais pas. Il voulait d’abord me jeter par la fenêtre. Ensuite, il m’a donné un coup de pied dans le ventre. Le médecin a dit qu’un centimètre plus haut il m’aurait tuée.

Puis elle laissa ses deux yeux poursuivre une vie bien triste de pauvre petite Marie que les méchants avaient blessée. Jean dit :

— Donnez-moi aussi votre autre main.

Il posa son regard sur celui de Marie, la caressa d’une pensée docile qui prenait une douleur après l’autre et qui les gardait toutes. Il se taisait entièrement, avec force. Il pencha la tête, la mit sur l’oreiller, se tut encore et, joue contre joue, il resta là, pendant qu’il faisait chaud et que la vie lui pressait au cœur