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Page:Philippe - Marie Donadieu, 1904.djvu/181

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la main pour qu’il la pût prendre. Alors il se passa un silence très simple et qui avait sa signification. Elle l’accueillit, elle le coucha dans le lit près de son corps, elle reçut une sorte d’amitié cachée qu’elle promena quelque temps dans son cœur, sans cause et simplement parce qu’il y avait de la place. Puis elle voulut que toute la paix et tout le bien-être gagnassent autour d’elle. Alors elle eut un mot.

— Maintenant je suis guérie.

Jean parla. Il ne comprit pas. Il était toujours à côté de la vérité, comme les hommes qui pensent. Il dit :

— Vous êtes au lit. C’est quand la femme est malade que l’on sent qu’elle est une femme. Avec vous, je ne m’en étais jamais aperçu. Ne parlez pas. Vous me revenez de bien loin. Voici dix ans. C’était au temps des vacances, la terre avait des reflets dans mon pays et l’air qui montait jusqu’au ciel semblait comme lui, semblait comme vous, quelque chose de bleu, quelque chose de bon comme une liaison. J’avais seize ans et je m’en souviens. Je marchais dans un sentier