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Page:Philippe - Marie Donadieu, 1904.djvu/179

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au moment même où la porte claquait que Marie se dressa. Elle poursuivait autre chose encore et le jeu de ses pensées soulevait un bloc épais qui lui râclait la tempe en passant. Elle n’y put tenir, jusqu’à ce que la poussée entre ses côtes d’une matière dont elle n’était plus maîtresse la prît comme une douleur à laquelle on ne résiste pas et la portât trois portes plus loin, sur le palier. Elle fut, pendant une seconde, à serrer entre ses bras un morceau de la nuit, puis elle ne pouvait plus attendre, puis elle frappa.

Il ne l’avait jamais trop embêtée, pas même aux premiers jours, alors que la fièvre de se connaître fait que l’homme et la femme se parcourent, puis ils s’étaient unis d’autres fois, puis ils s’étaient croisés, selon leur pente, au hasard du voisinage, profitant d’une absence de Raphaël, d’une rencontre, d’une couleur du temps, soucieux avant tout d’éviter les ennuis. Il était couché, il avait ouvert sans savoir. Elle dit :

— C’est moi.

Il répondit :

— C’est une riche idée.