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Page:Philippe - Marie Donadieu, 1904.djvu/178

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lui semblait alors assister à l’instant même de sa destinée où tout ce qu’elle attendait la saisissait au cœur, où chacun de ses organes soulevés aspirait la vérité dernière, s’y mêlait et s’ouvrait à son flot. Elle en sentait la chaleur, déjà. Elle ne pouvait plus la contenir et, bizarre, battante, vaincue, assistait au passage en son corps d’une flamme intérieure qui dissolvait les éléments par masses et lui remontait à la bouche le goût de son sang. Jean parlait encore.

— J’ai toujours aimé à connaître les hommes. Je les connais avec respect et il se mêle à chacun de mes sentiments je ne sais quelle admiration et je ne sais quelle timidité. Je suis un peu bavard, je me promène autour d’eux. Ne vous ai-je pas parlé de cela autrefois ? Je suis un pauvre. Je me rappelle les erreurs comme tous ceux qui en souffrirent, comme les masses populaires que l’on juge en bloc et d’un coup d’œil.


Un soir, Jean partit comme à l’ordinaire. Il descendit d’abord l’escalier, on lui ouvrit la porte de la rue, puis il la ferma. C’est