Page:Philippe - Marie Donadieu, 1904.djvu/177

Cette page a été validée par deux contributeurs.


suffit à la courber selon la forme de mon bras.

Elle entendait cela, vivait auprès d’un homme et découvrait ce qu’elle pouvait découvrir. Elle ne savait pas s’apaiser pendant un temps, sentir un sentiment pour lui-même et se dire : Il fait si bon que je m’arrête. D’ailleurs, elle avait sa vie qui était autre, qui était la vie d’une femme ayant besoin d’aboutir. Elle complétait un soupir, d’un mouvement de bras elle recevait une pression, d’un voisinage elle prenait une chaleur singulière qui la gagnait, qui s’associait au jeu de son sang et le poussait bruyamment dans sa chair. Elle connaissait l’homme et sa possession, elle en imaginait les ressources et en espérait encore d’étranges mystères, parmi lesquels toute son âme battait à la façon des oiseaux pris. Un souffle sur sa joue, une main à son épaule, trois quarts du visage d’un homme qu’elle voyait en baissant les yeux, la masse d’un corps et sa présence, elle recevait cela, le détaillait dans sa tête, l’animait à son image, en formait sa vie, bouillait, rêvait, pensait et réchauffait tout dans son sein. Il