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Page:Philippe - Marie Donadieu, 1904.djvu/174

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— Mais non. C’est la femme, cela. Elle nous tient lieu de vivre.

Les jours suivants, ils furent un homme et une femme en tête à tête. Elle ne sortait pas l’après-midi, parce qu’il ne lui restait plus que huit jours et, quoiqu’elle eût eu des aventures qui n’avaient pas duré longtemps, un soulèvement de son âme les avait portées à ses yeux comme une espérance et, quoiqu’elle eût fort bien accepté un bonheur qu’elle eût su ne pas pouvoir garder sa vie entière, un sentiment qu’elle appelait « l’idéal » la préservait encore de huit jours de plaisir. Et puis le premier feu s’éteignait, qui avait surpris jusqu’à son cœur. Alors, elle attendait Jean Bousset. Nous sommes des voyageurs et ceux à qui il ne fut pas donné de connaître les chaînes des monts et le glissement des larges eaux parcourent un homme un soir de confidences et accomplissent ce qui fut si bien nommé le voyage intérieur.

Comme ils ne parlaient pas toujours, il y eut une heure où ils s’en prirent à leurs épaules. Ce fut presque une découverte et celles de Marie ondulaient et fondaient selon le bras que Jean