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Page:Philippe - Marie Donadieu, 1904.djvu/169

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vez-vous ce que c’est que le mal ? Le bien, c’est tout ce que l’on fait ; le mal, c’est tout ce qu’on aurait pu faire.

Elle fut étonnée d’abord, elle qui retenait beaucoup de ce qu’elle eût pu dire. Puis elle entendit le reste, non pas comme si elle eût été Marie, mais avec un sentiment plus large et un mouvement qui prenait les paroles et leur trouvait une place. Et cela la remplissait si bien qu’elle n’en avait plus maintenant aucune surprise. Elle dit :

— Oh ! vous pouvez parler. Moi, il me semble que je vous ai toujours connu.

Il répondit :

— Je suis votre ami, sinon vous ne m’auriez pas écouté. Je ne le savais pas encore quand je suis entré. Prenez bien garde que ce ne soit chez vous le point faible : vous avez pu m’écouter ! Mes amis, je les ai d’un coup d’œil. Il y a deux sortes d’hommes : ceux qui m’écoutent et ceux qui ne m’écoutent pas. Je dois être un peu simple d’esprit.

Elle eut un mot qu’on n’eût pas attendu.

— Oui, vous êtes un baromètre.