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pudeur. Puis il y avait de larges battements de paupière qui devaient lui faire du bien et reposer ses prunelles, des battements de paupière que je qualifierais de réfléchis et qui, je ne sais pas encore pourquoi, m’ont appris qu’une bonne action est celle qui retourne à son auteur. Pour vos yeux, on ne sait pas si c’est qu’ils regardent ou si c’est qu’ils sont regardés. Vous êtes plus près que nous autres des choses, vous avez une façon de les boire. Vous ne connaissez pas le repos. C’est étonnant : vous ne battez presque jamais des paupières. Pour vous dépeindre par un contraire, les yeux contraires aux vôtres sont des yeux où l’iris est profond et doux comme si l’on devait s’y baigner. Peut-être recevez-vous beaucoup de celui que vous aimez, mais je crois plutôt que vous lui donnez. Il y a un point qui me fait supposer que vous ne connaissez pas la plénitude. La prunelle de vos yeux est tournée vers le haut. Ce sera un compliment : vous regardez naturellement les cieux. Vous devez avoir beaucoup de tempérament. Souvenez-vous de ce que je vous disais d’abord. Pour moi, il n’y a pas de péché en vous. Sa-