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« Cher bon papa et chère bonne maman.

« C’est moi qui vous écris, vous savez bien que je n’ai pas changé. Je vous ai écrit il y a bien longtemps, mais il me semble qu’il y a encore plus longtemps. Pourquoi ne m’avez-vous pas répondu ? Moi, je ne sais pas, je suis toute seule à Paris et rien ne peut me le dire. J’ai lu des journaux pour savoir et puis je ne sais pas. On trouve ici tous les journaux de Lyon. Bon papa, tu écris si facilement. Tu te souviens que tu disais dans le temps que tu avais le style au bout de la plume. Alors, voilà, il faut m’écrire, bon papa. Moi, je ne t’ai rien fait. Oh ! je sais, tu aimerais mieux que je m’ennuie loin de toi pour que je revienne. Eh bien ! Si je t’écrivais aujourd’hui pour te dire que je vais bientôt revenir. Mme Crouzat va passer les mois d’été chez une parente et comme, là-bas, elle ne sera plus seule, moi je veux aller chez nous. Il faut m’attendre. Oh ! tu verras. Je m’habillerai belle pour te faire honneur. J’aurai une robe bleue et un chapeau avec des coquelicots. Ça se porte à Paris. Et je me tiendrai bien