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Page:Philippe - Marie Donadieu, 1904.djvu/160

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fleuves s’attarder encore pour les longs souvenirs.

Elle le connut pendant tout l’été. Il était étudiant aussi. Elle se vêtait le matin d’un peignoir et, sans corset, libre et prête déjà, elle préparait midi, puis elle attendait deux heures. Derrière Raphaël, elle ouvrait la porte pour mieux entendre le pas de celui qui s’en va et elle récapitulait là même, à l’entrée de sa chambre, tous les objets : le mouchoir, le portemonnaie, la serviette, elle pensait au coup de brosse dont il avait coutume au moment de son départ et, sûre alors qu’il n’avait rien oublié, elle allait au voisin et frappait trois coups légers, qui étaient sa façon et qui riaient.

Elle ne se promenait pas à Paris pendant la belle saison. Du Luxembourg à la Seine, dans l’air où les hommes se groupaient pour les plaisirs du beau temps, qu’eût-elle trouvé, sinon son corps et ses hanches et la circulation dans ses reins d’un sentiment dont elle n’était plus maîtresse et qu’il valait bien mieux porter à celui qui en savait embrasser l’étendue.