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Page:Philippe - Marie Donadieu, 1904.djvu/157

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n’était pas trop éloigné, ce fut comme lorsqu’on se serre la main avant de se quitter. Ils avaient été deux bons camarades.

— Au revoir, mon vieux, lui dit-il. Ce sera pour dans trois ans. Je t’apporterai une défense d’éléphant. Ne sois pas mariée. Reste avec ta mère. C’est encore ce qu’il y a de mieux.

Mais, pour Marie, un départ d’un quart d’heure, une parole sur sa mère, la firent se rappeler de trois mois de mensonges qu’on lui avait donnés. Les femmes se portent avec une telle tendresse que tout d’elles leur semble bon et justifié et qu’elles retournent le mensonge à celui qui fut cause qu’elles mentirent. Alors elle se rappela tout : qu’elle n’eût pu accepter aucun cadeau, que leurs rendez-vous étaient faciles et ne valaient pas une de ces après-midi de Paris qui peuvent vous apporter cinq cents francs, qu’il ne lui avait jamais demandé si elle voulait l’accompagner au Congo, que pour aller jusque là-bas elle aurait le mal de mer, qu’elle était une toute petite fille et qu’il ne savait pas jouer avec elle, que le monde était usé, qu’elle avait vu dans