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Page:Philippe - Marie Donadieu, 1904.djvu/151

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Il disait :

— Je suis venu ici pour m’amuser.

Il avait rapporté du Congo vingt-quatre mille francs et voulait prendre pour vingt-quatre mille francs de Paris. Il achetait des cigarettes orientales, des boutons de manchettes, des épingles de cravate, des revolvers, des bonbons, des journaux illustrés. Il faisait bon rire et tout le faisait rire : un verre que l’on vous sert, un Monsieur qui passe, l’arrivée de quelqu’un, un coup de poing dans le dos, un mot duquel, vraiment, on n’eût pas attendu ce résultat. Marie comprit ce qu’est le plaisir. Et il disait encore :

— Restez avec nous, nous dînerons ici, nous prendrons des voitures, nous irons au concert, nous en sortirons ensuite, et toute la nuit nous vadrouillerons dans des lieux que vous ne connaissez pas.

Mais elle apprit surtout que, parmi tous les plaisirs, il en est un. Elle le lui offrit de bon cœur. C’était à deux pas et pourtant ils montèrent dans un fiacre. Il y avait dans la chambre une longue table qui bouchait la fenêtre, et sur laquelle des casse-têtes, des