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Page:Philippe - Marie Donadieu, 1904.djvu/148

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— Je suis une jeune fille, j’habite chez ma mère.

— Votre mère vous a donc laissé sortir ?

— Oh ! monsieur, maman a confiance en moi. Au contraire, c’est elle qui me le dit parce que, quand on reste toute seule, une jeune fille prend des idées noires. Maman donne des leçons de piano.

— Alors, vous devez très bien jouer du piano ?

— Oh ! non, Monsieur, maman n’y tient pas. Elle dit : J’en ai tant vues qui ont mal tourné !

Alors, elle fut toute joyeuse, en face de quatre personnes, d’avoir opposé à leurs forces réunies quelque mot qui sût se faire place. Comme toutes les femmes, elle aimait le goût de la victoire. Elle en fut récompensée par quatre sourires qui changèrent de direction et se prirent d’une sorte de ferveur, d’une sorte de foi, comme lorsqu’on craint d’offenser l’innocence. Et on l’invita à boire autre chose en disant :

— Je vous assure que cela ne vous fera aucun mal.