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Page:Philippe - Marie Donadieu, 1904.djvu/146

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du boulevard, un peu rouges, poussés, nombreux et ils sortaient soudain, l’un ou l’autre, quelque éclat de gaîté qui les parcourait de front. Elle ne les vit pas : elle se trouva au milieu d’eux. Ils faisaient une conversion par files et, comme Marie était placée entre les quatre hommes et la porte d’un café qu’ils voulaient franchir, elle fut prise dans la masse, entourée par des bras, par des jambes, par des voix assez fortes pour qu’on ne pût leur tenir tête et se trouva enfin au bas d’un escalier à glaces, dans un sous-sol où des tables de bois rondes et des escabeaux à trois pieds faisaient une drôle de figure, comme des choses qui ne sont pas françaises. Deux d’entre eux se détachèrent afin de boucher la porte par où ils étaient entrés, on l’assit : pan ! Elle se leva et on l’assit encore : pan !

— Vous allez boire de bonnes choses, dit l’un.

Elle fit :

— Non !

— …de bonnes choses avec de la glace, du citron, de la confiture, des fruits, des liqueurs et de grandes pailles pour les boire.