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Page:Philippe - Marie Donadieu, 1904.djvu/142

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qu’elle n’eût jamais été pieuse, elle avait retenu parmi les litanies des images qui pouvaient lui servir. Et elle pensait ainsi dès la première rencontre. Elle profitait d’un geste. Une fois, elle eût voulu être riche pour lui offrir un fauteuil à spéculum qu’il n’avait pas. Elle animait toute caresse, elle l’eût animée contre son goût. Comme elle était docile au baiser ! Elle s’ouvrait, elle se tendait, elle ondulait, elle chantait son plaisir, elle se forçait à l’articuler. Il riait, parfois, lui coulait deux regards de sous-entendus, conservait son savoir, semblait trop bien connaître la cause, l’effet et pensait peut-être à tout anéantir d’un coup de ses médecines. Quinze jours passèrent.

Elle ne l’aimait pas lorsqu’il était nu, elle le comprit bien vite. Il avait une peau blanche et gonflée de muscles, une chair soignée qui sentait la douche et le bain, des poils aux jambes, une odeur d’hygiène répandue par son corps et qui ne valait pas la belle odeur de mâle qu’elle eût voulu connaître. Les hommes à barbe sont faits pour être vêtus et pour être vêtus de noir. Tout cela lui revint à