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Page:Philippe - Marie Donadieu, 1904.djvu/139

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chait un peu dans la chambre et revenait s’assoir, ayant gagné quelques pouces.

Tous les hommes se ressemblent. Il commença par la main, suivit la filière, avec les tours de bras à la hanche, les baisers qui s’appuient, qu’un geste chasse, puis qui reviennent, qui retombent par paquets. Il circulait autour de la bouche, s’y hasardait d’un coin et, lorsqu’il y parvint, la femme prit un geste de défense et se rappela ce qu’elle eût dû faire le jour où quelqu’un la prit pour la première fois.

— Oh ! j’ai peur. Je n’aurais pas dû vous accompagner chez vous.

Alors il la pressait avec une violence plus attendrie, comme pour l’endormir, comme pour étouffer cette pensée avant qu’elle ne la conçût.

— Oh ! non, ne me faites pas peur comme ça.

Il se tortillait doucement, rampait un peu, gagnait le terrain qu’il fallait. Il devenait plus sûr, trouvait en lui des forces comme souterraines, l’instant des mots passait et, dans un mouvement qui prit les jupes de Marie et monta, celle-ci ne put que mettre une dernière raideur et s’écrier :